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Vains Printemps

(avec vingt printemps d'écart)

Danyel Gérard

Gérard Daniel Kherlakian, né d'un père arménien et d'une mère corse, fête aujourd'hui son 85ème anniversaire. En 1964, je découvrais sa première chanson (pour moi, pas pour lui), intitulée "Le petit bandit de Juarez", une magnifique ballade. Jusqu'au début des années 80, j'ai suivi tout ce qu'il a produit. Années prolifiques entre 1970 et 1977, avec cinq albums tous meilleurs les uns que les autres. Je lui rends cet hommage avec l'une de ses plus belles compositions : "Qui je suis" (D. Gérard/R. Bernet), tiré de l'album marquant son renouveau après les années yéyé, "Atmosphère", sorti en 1970. Heureux anniversaire l'artiste, et premier rocker français (en 1958 déjà !)

7 mars 2024 ____________________________________________________

Your Cheatin' Heart

Jett Williams est la fille illégitime de Hank Williams (photo ci-dessous), la plus grande figure (avec Jimmie Rodgers) de la Country Music américaine. Son père, né le 23 septembre 1923 à Mount Olive, dans l'Alabama, auteur, compositeur et interprète a écrit les plus belles et célèbres chansons de toute l'histoire de cette musique, que j'adore et dont je ne me suis jamais lassé, depuis le mois de mai 1979, lorsque je la découvrais dans une salle de spectacle du côté de Orlando, en Floride. Hank Williams a eu une carrière très courte, constellée de ballades plus ou moins langoureuses, de morceaux Honky tonk et Country rock. Dans ce dernier domaine, on peut même le considérer comme l'un des principaux initiateurs du Rock'n Roll, bien avant les Haley, Presley, Lewis, Orbison, Perkins, Berry et autres, même s'il s'est toujours cantonné dans le style country. Accompagné par son groupe "The Drifting Cowboys", dieu vivant durant les années 46-52 (une douzaine de titres au premier rang de ses ventes de disques), la célébrité, l'alcool et la drogue ont eu raison de lui. Il est décédé dans la nuit du Nouvel-an, le 1er janvier 1953, à l'âge de 29 ans, dans la voiture qui le menait à un concert qu'il devait donner à Canton, dans l'Ohio. Quant à Jett, née hors mariage cinq jours après le décès de son papa, elle a dû se battre durant des années pour obtenir la reconnaissance de son statut de fille de Hank Williams. Très bonne musicienne et interprète, elle reprend ici la dernière chanson écrite par son père, en août 1952, mais qui ne sera commercialisée que peu après le décès de son auteur. "Your Cheatin' Heart" (Ton cœur tricheur, ou trompeur), qui demeurera en tête des charts durant 6 mois, est incontestablement le titre country que je préfère dans ce genre de musique. Il a été repris par des dizaines et des dizaines d'interprètes, et c'est toujours le cas aujourd'hui, même si la Country actuelle est en pleine dérive dans son style, qui n'a plus grand-chose de traditionnel, tel qu'il figure ici et dont Jett et ses musiciens offrent un magnifique exemple.

18 février 2024 __________________________________________________

"Cry to Me"

Sans doute la meilleure reprise de ce tube planétaire de Solomon Burke créé en 1962, et immortalisé dans le mythique "Dirty Dancing" en 1987.

17 février 2024 ___________________________________________________

Françoise Hardy

Même si j'étais très jeune, j'ai connu l'époque des yéyés, de "Salut les Copains" et d'une variété française majoritairement inspirée des stars américaines du Rock. A Johnny Hallyday et Claude François, qui en étaient les leaders masculins, je préférais Danyel Gérard ; si Sylvie Vartan et Sheila étaient les favorites des Français, Françoise Hardy était la mienne. En 1962, j'avais 8 ans, et j'avoue que physiquement, la longiligne et très belle Françoise me plaisait beaucoup. Son premier et plus grand succès était "Tous les garçons et les filles", un slow que j'adorais et qui me faisait rêver, mais qui aussi m'interpellait, en raison de la solitude dans laquelle le texte semblait plonger la chanteuse au niveau sentimental. Autrice et compositrice de la majorité de ses chansons, elle me paraissait différente des autres qui, pour la majorité, interprétaient les mêmes rengaines, souvent puisées dans le répertoire américain. Plus tard, des titres tels que "Mon amie la rose" "L'Amitié", "Soleil", "La maison où j'ai grandi" (reprise de "Il ragazzo della via Glück" d'Adriano Celentano), "Voilà", "Comment te dire adieu", viendront confirmer mes sentiments très admiratifs à son égard.

Aujourd'hui, 17 janvier 2024, l'épouse de Jacques Dutronc et la mère de Thomas, fête son 80ème anniversaire. Fêter n'est pas le terme qui convient. Parce que l'artiste est très atteinte dans sa santé, au point d'exprimer son désir d'en finir rapidement avec la vie. Mais en France, rien n'existe dans ce domaine. Et je crains d'apprendre, un de ces jours prochains, qu'elle soit venue en Suisse, ou se soit rendue en Belgique, là où des aides tout à fait louables existent pour réaliser son vœu. C'est son droit le plus strict et légitime, et je comprendrais qu'elle en use dans ce désir, même si son décès me rendra très triste, moi qui ai dix ans de moins qu'elle, et qui voit jour après jour disparaître mes plus anciens artistes préférés, qu'ils ou elles m'aient séduit dans le domaine de la chanson ou du cinéma. Bon courage, Madame !

17 janvier 2024 __________________________________________________

"Renaud, mon frère, ce phénix"

C'est le titre d'une superbe émission, diffusée le 12 janvier dernier sur TMC, où pendant deux heures, David Séchan, le frère jumeau de Renaud (épaulé par Sophie, la soeur cadette de la fratrie) nous a rappelé le parcours exceptionnel de l'artiste : de sa naissance à Paris le 11 mai 1952, à sa remontée sur scène en 2023, David nous a conté la vie de son frangin d'une façon simple, lucide et pleine de tendresse.

Renaud, c'est un vrai poète ! Un écorché vif, un hypersensible, un "dur" au cœur tendre, au battant d'argile, un révolté permanent, un humaniste de la plus belle espèce. Pas une seule seconde (pour une fois) je ne me suis ennuyé devant mon poste de télé ! Son histoire, je la connais depuis longtemps, ses combats, ses révoltes ses joies, ses peines, ses espoirs déçus, ils m'ont toujours touché, aujourd'hui autant qu'hier. Sourires, rires, émotions, pincements de cœur, compassion. Sa relation fusionnelle avec sa femme Dominique, le seul véritable amour de sa vie (hormis ses deux enfants Lolita et Malone), qui l'a quitté il y a longtemps, mais dont il semble toujours amoureux. On le sent encore désabusé, déboussolé sans elle, même si celle (Cerise) qui partage aujourd'hui sa vie, semble compter pour lui.

Après deux heures passées dans son intimité, je suis encore ressorti (presque) totalement acquis à sa cause. Presque parce que son soutien à des personnalités telles que François Mitterrand (collabo de la France de Vichy) et Ingrid Bettencourt (otage des FARC apparemment pas blanche comme neige), m'interpelle quelque peu. Mais bon, au moment de l'élection du premier à la présidence française, en 1981, son rôle aux côtés de Pétain et Laval n'était que peu connu ; idem pour la seconde, critiquée pour son comportement envers ses compagnons de détention (dont les trois auteurs du livre en question), après leur libération.

 

Mais, finalement, ce qui compte le plus, c'est tout ce que Renaud a écrit, composé et chanté. Une œuvre qui honore la chanson francophone au même titre que celles de Brassens, Brel, Ferré, Aznavour, Lama et quelques autres. Dans ce domaine, je ne citerai qu'une dizaine de mes chansons préférées : Laisse béton, Hexagone, Ma gonzesse, Marche à l'ombre, Morgane de toi, Ballade nord-irlandaise, Dès que le vent soufflera, La médaille, Mistral gagnant, C'est quand qu'on va où ? et surtout En cloque, la plus belle de toutes (et sa préférée), un pur chef-d'œuvre de poésie moderne, d'amour (de sa belle et de sa fille), écrite il y a 40 ans, et qui me touche, me bouleverse comme au premier jour…

Aujourd'hui, si plusieurs jeunes plaisent à mon oreille vieillie (Elodie Frégé, Gauvain Sers, Zaz, Soan, Leïla Huissoud, Christine and the Queens, Christophe Maé, Nolwenn Leroy, Stromae), je ne trouve qu'un seul digne successeur de Renaud : Fabien Marsaud, dit "Grand Corps Malade".

Renaud est mon contemporain (il a deux ans de plus que moi). Je l'ai découvert au moment où Brel (ma référence absolue) en finissait si tristement avec sa vie (1978). Il ne l'a pas remplacé (Reggiani en est le plus proche), mais il m'émeut par ses combats contre l'injustice, l'intolérance, l'alcool, et pour sa recherche permanente de poésie, de tendresse, d'amitié et d'amour, des valeurs figurant parmi les plus essentielles dans la vie de tout un chacun.

14 janvier 2024 __________________________________________________

Jean-Marie Vivier - "Ecris-moi"

Encore une magnifique chanson d'amour, écrite et composée par l'artiste normand. Toute la solitude, tout l'ennui, tout le manque d'une femme sont exprimés ici, et c'est d'une beauté et d'une profondeur exceptionnelles. Cette chanson est peut-être ce que l'on a écrit de plus beau sur ce thème, celui de l'absence cruelle d'un être cher...

21 novembre 2023 ____________________________________________

Jean-Marie Vivier - "Les mains douces"

Vidéo personnelle d'une très belle ballade, accompagnée par l'interprète à la seule guitare, et agrémentée de quelques photos de Granville, son port d'attache normand, une ville magnifique située non loin du Mont-Saint-Michel. Basé dans le port, le superbe trois-mâts goélette (16 voiles) se nomme "Le Marité", construit en 1921  au chantier maritime de Fécamp.  

25 octobre 2023 ______________________________________________

Jean-Marie Vivier

Après la disparition de Jacques Brel, en 1978, je me suis mis en quête d'autres talents, connus ou pas. C'est ainsi que je suis tombé sur Serge Reggiani, que j'ai tout de suite aimé. Jean-Marie Vivier, ce fut un peu plus lent. Car ses disques ne peuplaient pas les boutiques. Peu connu en France, un peu plus en Suisse et au Québec, cet enseignant français né à Coutances (Normandie) en 1942, se lance en amateur dans une carrière musicale parallèle, ceci au milieu des années 60. Encouragé par le grand Félix Leclerc lui-même, qui l'emmène avec lui dans une tournée en Suisse, il abandonne alors son métier et devient artiste à temps complet. Nous sommes en 1970...

Les tournées et les disques se succèdent régulièrement, mais la notoriété a de la peine à s'installer. Servi par une voix grave et puissante, s'accompagnant souvent seul à la guitare, son talent est pourtant évident. Beaucoup de ses chansons ont été écrites par son pote Jehan Jonas, avant que ce dernier ne disparaisse dans un accident de voiture en 1980. Jean-Marie se met alors à interpréter ses propres textes, mais le (grand) succès ne vient toujours pas. Pourtant ses chansons sont belles, comme l'étaient celles de cet autre grand de la chanson française, Marc Ogeret, qui n'a jamais eu, lui non plus, la renommée qu'il pouvait espérer…

Non, Jean-Marie Vivier n'a pas eu la carrière qu'il méritait. Pourtant, avec sa voix unique, avec ses textes pleins de tendresse, de lucidité et de bon sens, avec son talent indiscutable d'interprète, il avait tout pour devenir l'égal des plus grands. Peut-être ne l'a-t-il pas voulu, finalement... Aurait-il souhaité ne demeurer qu'un simple artisan de la chanson française que son mérite n'en ressortirait que grandi.

"La Manic", œuvre crée par Georges Dor, est non seulement une superbe chanson d'amour, mais aussi parfaitement à la mesure du talent d'interprète de Jean-Marie Vivier. Et elle est pour moi, celle que je préfère dans son répertoire. Un clip vidéo personnel, composé (entre autres photos de l'interprète) de quelques magnifiques images d'un barrage québécois qui ne l'est pas moins, et déposé sur YouTube en janvier de cette année…

5 octobre 2023 ___________________________________________________

"La Médaille"

Elle en a fait couler de l'encre cette chanson ! Datant de 1994, applaudie, adorée par les jeunes, détestée, exécrée, rejetée par les plus ou moins vieux bourgeois de la droite réactionnaire (pléonasme), ses paroles ont de quoi susciter le débat. Les militaires sauveteurs de la nation ? Ou assassins refoulés au civil ? S'ils ont été nécessaires (et prétendent toujours l'être), c'est surtout parce que l'humain lambda s'abreuve de sang et se nourrit de chair à canon. Les guerres incessantes en sont la preuve millénaire, et aujourd'hui peut-être plus encore qu'hier. Je ne suis plus jeune et encore moins bourgeois. Je suis un vieux (con? à vous de voir) qui aime ce texte magnifique, non pas par sagesse, mais par conviction profonde que l'humain vaut tellement mieux que ça.

Et tout ce que Renaud, mon contemporain et plus grand poète chanteur de son époque, écrit et interprète prouve qu'il pense comme moi (ou moi comme lui)...

30 août 2023 ____________________________________________________

"Deportee" (Plane Wreck at Los Gatos)...

... est une célèbre "Protest Song" américaine. Elle conte le crash d'un C-47 (DC-3) américain qui s'est produit le 28 janvier 1948 dans le canyon de Los Gatos, au sud-ouest de Fresno (Californie), et dans lequel vingt-huit fermiers migrants mexicains (vingt-cinq hommes et trois femmes) périrent alors qu'ils étaient en voie d'expulsion du pays, après avoir été "utilisés" comme main-d'œuvre bon marché dans la récolte des fruits en Californie. Ils perdirent la vie sans que la presse ne s'en émeuve le moins du monde. Pire, les seuls noms de victimes publiés furent ceux de l'équipage de l'avion (deux pilotes, une hôtesse et l'agent de sécurité). Encore pire, les malheureux Mexicains furent jetés dans une fosse commune, dans le cimetière de Fresno.

Woody Guthrie (1912-1967), célébrité mondiale de la Folk Music, et de la défense des travailleurs-esclaves de l'époque, a écrit le texte de "Deportee" après avoir lu dans un journal l'article concernant l'accident du DC3. L'artiste se trouvait alors à New York et ce "fait divers" l'a profondément révolté. Un musicien nommé Martin Hoffman y a ajouté la mélodie quelques temps plus tard. Guthrie et Pete Seeger, autre grand artiste folk, l'inscrivirent alors à leur tour de chant. Cette triste ballade représente pour moi l'une des plus belles chansons de ce genre dans le monde, et d'innombrables interprètes l'ont reprise les années suivantes. Parmi elles et eux figurent notamment Bob Dylan, Bruce Springsteen, Dolly Parton, Joan Baez, Paddy Reilly, etc…) Pour sa part, Nana Mouskouri en délivrera une version plutôt convaincante, qui s'intitule "Adieu mes amis". D'autres reprises apparaissent encore aujourd'hui, principalement dans les pays anglophones. Cette version-ci, pour moi l'une des plus belles, est interprétée par Delila Paz et le groupe de rock et folk "Last Internationale". Le clip entier (à voir sur YouTube), dure plus de sept minutes, et il en raconte l'histoire en 2013, à l'occasion du 65ème anniversaire de cette tragédie.

Une prise de conscience tardive a fait qu'aujourd'hui, dans le petit musée de Coalinga, proche de l'accident et spécialement consacré à l'événement, les noms de toutes les victimes y figurent en bonne place. Ce n'est que justice, mais que de temps pour la faire triompher, dans ce pays au passé ségrégationniste prenant tant de place sur les pages de son histoire.

20 août 2023 ____________________________________________________

Sinéad O'Connor

Née le 8 décembre 1966 (jour de sortie de "La Grande Vadrouille" sur les écrans (:-), cette Irlandaise décédée avant-hier ne comptait pas parmi mes chanteuses préférées. Je l'admirais surtout pour son engagement contre le Vatican, trop longtemps demeuré sililencieux vis-à-vis de la pédophilie dans le clergé de son église. Afin de dénoncer cela, le 3 octobre 1992, sur la chaîne de télévision américaine NBC, elle déchire en direct une photo du pape Jean-Paul II. Il faudra encore plus de dix ans pour que ce dernier reconnaisse cet état de fait, alors que le sacandale devient planétaire. Abusée sexuellement et violentée par sa mère durant son enfance, l'artiste connaîtra des problèmes psychologiques tout au long de sa vie. Plusieurs tentatives de suicide ont eu lieu durant les dernières années de son parcours. Qui sait si sa disparition n'est pas la conséquence d'une tentative réussie, la cause de son décès n'ayant pas été communiquée par sa famille...

Son plus grand succès d'artiste, "Nothing' Compares 2 U", classé no 1 dans les charts de dizaines de pays en 1990, n'était pas mon titre favori. Je lui ai toujours préféré cette magnifique ballade irlandaise "Raglan Road", écrite par le poète Patrick Kavanagh en 1946, et mise en musique par Luke Kelly, le leader du groupe "The Dubliners, en 1971. Cette version-ci est pour moi la plus belle que je connaisse et, de sa voix exceptionnelle, Sinéad O'Connor en livre une interprétation qui ne l'est pas moins.

28 juillet 2023  __________________________________________________

Irma Thomas - "Take a Look"

Surnommée "Soul Queen of New Orleans", Irma Lee (son vrai nom) est née à Ponchatoula, Louisiane, le 18 février 1941. Beaucoup moins connue que Aretha Franklin (par exemple), je trouve cependant que son talent, et surtout sa voix, n'ont absolument rien à lui envier. Bien au contraire... Avec "It's Raining", ce titre-ci est celui que je préfère.

10 juillet 2023  __________________________________________________

Vicky Leandros - Un été

 

Un été s'en est allé sur les ailes des oiseaux,

S'en est allé dans les voiles des bateaux ;

Un été s'en est allé dans l'orage,

En septembre, sur les champs de genêts ;

 

Un été, il y a dix ans, un premier amour

Que je cachais dans mon cœur d'enfant,

Sur les falaises, sur les dunes, on s'aimait…

 

Un été, je revois comme un souvenir dans mon cœur,

Ton visage plein de taches de rousseurs,

Je nous vois tous deux sur ta bicyclette,

Puis descendre faire des bouquets de fleurs.

 

Un été, il y a dix ans, un premier amour

Que je cachais dans mon cœur d'enfant,

Mais un matin, en septembre mon amour s'en est allé,

On agite un mouchoir, et c'est la fin de l'été…

 

Auteurs : M. Panas / K. Munro / F. Thomas / J-M. Rivat - Philips - 1972

Cette chanson a plus de 50 ans, mais elle ne m'a jamais quitté, privilège plutôt rare, ayant l'habitude courante de me lasser plus ou moins rapidement des chansons "coup de foudre". En 1972, Vicky Leandros, 23 ans, représente le Luxembourg au Concours Eurovision de la Chanson (aujourd'hui Eurosong), avec "Après toi", titre magnifique, mon préféré de la compétition, suivie en direct à la télévision. Elle l'emporte haut la main ! C'est ainsi que je découvre cette artiste grecque établie en Allemagne. C'était le 25 mars 1972. Quelques mois plus tard, en juillet ou août, elle sort un nouveau 45 tours comprenant deux titres. Face 1 : "Comme je suis", face 2 : "Un été". Le premier me laisse indifférent. Le second m'enthousiasme comme rarement, et comme c'est encore le cas aujourd'hui. Je me souviens parfaitement du moment précis où je l'ai découvert : j'étais au volant de mon poids-lourd (mon second métier), du côté de Neuchâtel. Sur la radio du bord je n'écoutais que RTL, une chaîne qui à l'époque diffusait beaucoup de musique. Je me trouvais dans une carrière, camion chargé et prêt à prendre la route. Dès les premières mesures et paroles, j'ai compris que cette chanson allait me bouleverser. J'ai dès lors attendu qu'elle soit terminée pour me mettre en route, un voile flou dans le regard. J'avais 18 ans, et j'ai immédiatement compris la raison de mon état. Comme l'expliquent clairement les paroles ci-dessus, le thème en est la fin d'une histoire d'amour de jeunesse. Laquelle se déroule en été et se termine un matin de septembre de la même année. Il s'agit d'une adaptation de la version allemande du titre "Der Sommer für uns beide".

C'est une romance qui me parle, car je l'ai vécue moi-même avec une jeune fille brune qui avait retourné tous mes sens. Elle s'appelait Michèle, et l'on s'était rencontré le 4 juillet 1971, lors d'un pique-nique avec nos parents, sur les pâturages des Franches-Montagnes. J'avais 17 ans, elle 19. Passion immédiate, vécue après le repas, nous éloignant des autres, main dans la main, puis couchés dans le tiède herbage bordant un champ de maïs, en lisière de forêt. Un torrent de bonheur personnel. Mais nous habitions loin l'un de l'autre. Quinze jours en août, passés chez elle, constituèrent une suite merveilleuse à cette histoire. En septembre, au matin du dimanche 19, après avoir assisté le soir précédent au mariage de l'une de mes cousines vivant non-loin de Michèle, je m'en allais la retrouver. Cruelle désillusion : en l'espace d'un mois, elle s'était trouvé un nouvel amoureux, et il était déjà question pour eux d'un probable mariage. Gifle monumentale, extrêmement douloureuse, de laquelle je n'étais pas encore remis lorsque je découvrais "Un été", titre qui par ailleurs n'a pas connu grand succès en France. Dans la chanson, elle évoque un amour d'enfant, le mien était un amour d'adolescent. Lequel a été vécu dans la même saison, et s'est terminé également un matin de septembre…

Si en 1972 elle fut l'artiste féminine ayant vendu le plus de disques dans le monde, Vicky Leandros a peu à peu cessé de chanter en français. Aujourd'hui, à 73 ans, elle mène toujours carrière dans les pays germanophones, au sein de la Volksmusik (qu'on appelle aussi Schlager). En 2013, j'ai eu l'occasion d'aller l'applaudir sur scène, à Zürich. Moment intense et ramenant en moi des souvenirs qui, s'ils ne sont plus douloureux, demeurent empreints de la nostalgie d'une époque qui figure parmi les plus belles de toute ma vie de célibataire.

Quant à Michèle, elle s'est effectivement mariée avec mon "remplaçant", et deux enfants sont nés de cette union. Un divorce est survenu quelques années plus tard, et elle est décédée d'un cancer durant l'été 2010. Elle n'avait que 58 ans...

9 avril 2023 _____________________________________________________

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La fourre du disque, acheté quelques jours après sa première audition. Le vinyle figure toujours dans ma discothèque, même si je n'utilise plus le tourne-disque pour l'écouter.

Stephen Sanchez

121'000'000 de vues. Un extra-terrestre pour moi, dont j'igorais tout. Mais sa chanson est absolument mgnifique ! J'adore ces "old fashioned songs", dans le style des fifties. L'artiste me fait un peu penser à Shakin Stevens. La demoiselle, visage vu de face, ressemble incroyablement à Marilyn...

29 mars 2023  __________________________________________________

The Mavericks...

... forment le groupe Country que je préfère. Country Rock, Hillbilly, Honky Tonk, Tex-Mex, Ballade, ils pratiquent tous les styles. Mené par Raul Malo, dont la voix compte parmi les plus belles du genre, cet ensemble représente ce qui se fait de mieux outre-Atlantique. The Mavericks, c'est un groupe mythique n'ayant jamais renié ses racines et ses traditions dans la musique la plus populaire des Etats-Unis. "Back in Your Arms Again" en est le plus bel exemple.

17 février 2023  __________________________________________________

Sunset Melody

Aucune info connue sur ce 45 tours sorti en Suisse en 1972. La mélodie est signée Pierre Alain, un artiste apparemment haut-savoyard, connu pour avoir sorti en 1974 un single intitulé "Sur le lac d'Annecy". Quant à ce titre-ci, que j'aime beaucoup, je pense qu'il est interprété ici (sous pseudonyme) par Alain Morisod (Alan More = Alain Morisod ?) et son orchestre. Le musicien genevois est connu en France sous Alain Patrick, depuis la sortie en 1971 de son premier grand succès "Concerto pour un été" (plus d'un million d'exemplaires vendus). Photos personnelles de divers couchers de soleil à travers le monde, entre 1981 et 2022

16 février 2023  __________________________________________________

Elle était une fois : Joëlle

Telle Aphrodite musardant sur la grève de sable clair l’ayant vu naître, elle m’est apparue, dernière femme d’une banale file de voyageurs. Toute de blanc vêtue, robe blanche descendant jusqu’à ses chevilles, elle marchait sans se presser. Elle avait abandonné sa longue chevelure blonde, au profit d'une coiffure mettant sa nuque en valeur, et souriait à l’hypothétique bonheur duquel elle paraissait émerger. Dans la lumière artificielle, ses yeux avaient pris le teint prononcé, électrique, du dernier pan de ciel bleu cerné par l’orage imminent. Cet ange surgi de nulle part, du néant que constituent les couloirs d’une aérogare, illumina soudain l’horizon bouché s’offrant quotidiennement à mon regard. Elle était belle Joëlle, d’une beauté irréelle, d’une grâce céleste, d’un charme inégalé et inégalable pour quiconque, femme voyageant en sa compagnie, aurait tenté de la surpasser dans ce domaine. Une fille sublime, apparaissant tel l’éclair avant le tonnerre, le soleil après la pluie, le plaisir pendant l’acte de d’amour. Silhouette longiligne et démarche aérienne, chaloupée au rythme de ses bras, elle planait au-dessus de toutes les autres. Devant elle, s’il y avait eu la mer, elle se serait fendue pour lui céder le passage…

Souvenir distant de plus de quarante années. Scène tirée d’un tiroir grippé de ma mémoire, lorsque la vie s’accrochait à elle, désespérément, et qu’elle se trouvait à deux doigts de la renier, volontairement ou pas. Pouvoir l’approcher, boire les paroles, sortant de sa bouche en éternel sourire, qu’elle adressait à son auditoire conquis, croiser ce regard qui allait cesser de briller quelques mois plus tard, aujourd’hui encore me fait réaliser la pleine magie de ces instants. De ma vie d’alors, j’ai gardé souvenance de quelques rencontres ayant constitué les seuls petits bonheurs d’une fonction parmi les plus banales. Joëlle a déposé en moi quelques minutes de rêve, infiniment précieuses, de celles qui m’ont fait et me font toujours avancer, sans jamais omettre de me souvenir. Elles y sont toujours, car elles ont le poids de l'inoubliable. Elle, et plusieurs autres aussi, portaient en elles la grâce et le rayonnement, le scintillement si particulier des étoiles gravées à tout jamais dans le firmament. Qu’une existence de vingt-neuf ans se soit un soir arrêtée de la sorte est l’injustice la plus cruelle que le destin puisse déposer sur un chemin de vie. Joëlle, comme toute personne de cet âge, ne méritait vraiment pas cela…

Joëlle Choupay Mogensen, née à Long Island (New York) le 3 février 1953 (70 ans aujourd'hui), décédée à Paris le 15 mai 1982, chanteuse du groupe "Il était une fois", en activité de 1971 à 1979. "J'ai encore rêvé d'elle" (plus grand succès du groupe, vendu à un million d'exemplaires en trois mois) date de 1975, écrite par Serge Kooleen (paroles) et Richard Dewitte (musique). Ce dernier interprète la chanson avec Joëlle.

3 février 2023 ________________________________________________________

A mes filles !

Avec Jacques Brel, Serge Reggiani demeure aujourd'hui encore mon chanteur préféré. Je possède la totalité de ses enregistrements, et je l'ai vu trois où quatre fois sur scène, toujours à Genève, dans les années 80. Son immense talent d'acteur le servait beaucoup dans ses tours de chant, et chacune de ses interprétations représentait un spectacle exceptionnel. Comme Brel d'ailleurs, mais que je n'ai malheureusement jamais vu chanter en direct. Ces deux petites vidéos, hommages à mes filles, ont été conçues avec deux de mes titres préférés de Reggiani, que je ne peux m'empêcher de lier à la douleur d'un père séparé de ses enfants en raison d'un divorce...

"L'absence"

"Ma fille"

Rod Stewart & Amy Belle - "I Don't Want To Talk About It"

A l'instar du clip ci-dessous, la communion du public avec le ou les interprètes est saisissante. L'un des plus grands succès de Sir Rod Stewart, repris en 1977 (car écrit par le guitariste du groupe Crazy Horse, Danny Whitten, six ans plus tôt). Cette version, enregistrée au Royal Albert Hall de Londres, est encore magnifiée par la présence de la très belle et très talentueuse Amy Belle. 734 millions de vues sur YouTube actuellement. L'un des plus beaux slows de toute l'histoire du Rock. A relever également ici, peut-être la meilleure saxophoniste du monde, l'Allemande Katja Rieckermann, dans une courte séquence solo absolument sublime. Enjoy !

27 janvier 2023 __________________________________________________

Adriano Celentano - Il ragazzo della Via Glück

Meilleur Rocker solo européen, l'Italien interprète ici, dans les Arènes de Vérone en 2012, son plus grand succès. Créé en 1966, ce titre magnifique est repris en choeur par un public extraordinaire, qui vénère son idole. Impressionnant ! Le 6 janvier dernier, Adriano a fêté son 85ème anniversaire, et il est né dans cette rue Glück milanaise qu'il chante si bien.  Encore un artiste de légende qui ne m'a jamais déçu. A noter que Françoise Hardy a repris, peu de temps après la sortie de ce tube, la chanson en français, laquelle a pour titre "La maison où j'ai grandi". Très jolie reprise, mais rien ne vaut l'originale... 

26 janvier 2023 __________________________________________________

Marie Espinosa - L'âge des possibles

Magnifique jeune artiste française de 39 ans, comédienne, autrice, compositrice, interprète et excellente musicienne qui maîtrise parfaitement la guitare et le piano. Une découverte exceptionnelle, mais baignant dans un grand mystère (du moins sur la toile). Cette magnifique chanson donne un petit aperçu de son immense talent...

19 janvier 2023 __________________________________________________

Elina Garanca & Anna Netrebko

L'un des plus beaux airs de "Norma", opéra en deux actes de Vincenzo Bellini, sur un livret de Felice Romani, composé en 1831. Interprétation exceptionnelle de deux artistes lyriques que j'adore, la blonde Lettone Elina Garanca (prononcer Garancha), mezzo-soprano, et la brune Russe Anna Netrebko, soprano. Pour moi, dans leur art, elles sont au sommet, et leur notoriété en est la preuve incontestable.

2 janvier 2023 ___________________________________________________

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