top of page

Danyel Gérard

Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, Johnny Hallyday ne fut pas le premier rocker français. Danyel Gérard l'a précédé de deux années. Né à Paris le 7 mars 1939, cet auteur compositeur interprète d'origine arménienne est, avec Claude Piron (dit Danny Boy), le précurseur du rock français. En 1958 il chante "D'où reviens-tu Billie Boy ?", adaptation d'un succès américain. A l'émergence du courant yéyé, cinq ans plus tard, il en devient une figure de proue. Parallèlement à cela, il écrit et compose pour d'autres "collègues", comme Richard Anthony, Dalida, Hervé Vilard, Marie Laforêt, Eddy Mitchell, Sylvie Vartan, Hugues Aufray, ou encore Françoise Hardy.

Après avoir été engagé (et décoré) dans la Guerre d'Algérie, son retour en France est assez difficile. Les vaches maigres vont durer jusqu'à la fin des années 60. Il prend alors un nouvel essor, et les 33 tours enregistrés connaissent alors un franc succès. En 1971, le single "Butterfly" sera classé dans les charts de 24 pays, dont, pour exemples, le Japon, l'Australie, la Nouvelle Zélande, l'Afrique du Sud, la Suisse, sans oublier l'Allemagne, où le titre demeure no 1 durant 15 semaines. Pas moins de 7 millions d'exemplaires du microsillon ont été vendus dans le monde.

Bien avant que je découvre Jacques Brel, Danyel Gérard était mon chanteur préféré (1963-1976). En 63, enregistrant un super 45 tours, l'un des quatre titres y figurant me marquera pour la vie. Résidant dans mon village natal, en Ajoie, après la classe je file chez grand-maman, qui habite à cinq cents mètres de chez moi, pour l'écouter sur son "tourne-disques" (mes parents n'en possédaient pas). Cette chanson s'appelle "Le petit bandit de Juarez" et, avec une autre de Petula Clark, intitulée "Marin", le gosse de 9 ans en est raide dingue ! Le microsillon tourne sans cesse et je ne me lasse jamais de l'écouter. Si bien que grand-maman doit me renvoyer chez moi, afin de faire mes devoirs.

Entre 1970 et 1980, j'achèterai tous les 33 tours de Gérard Daniel Kherlakian (son vrai nom). Après quoi, il enregistre beaucoup moins, mais des compilations ressortent ponctuellement. En 2016, il quitte définitivement le monde de la musique. Aujourd'hui, il vit toujours et est âgé, depuis quelques jours, de 87 ans. Toujours vêtu d'une veste à franges et d'un grand chapeau noir, j'ai eu le plaisir de le voir à l'aéroport de Genève (lieu de mon 2ème métier) à la fin des années 70. L'occasion de lui avouer à quel point il comptait pour moi. Je me souviens que ça l'avait beaucoup touché…

Avec Brel, Reggiani, Lama, et le peu connue Jean-Marie Vivier, Danyel Gérard fait partie des cinq artistes musicaux francophones qui ont le plus compté dans ma vie. Cette ballade que représente "Le petit bandit de Juarez" (gros succès en Suisse à l'époque), je l'apprécie encore comme au premier jour…

24 mars 2026 ________________________________________________

Jacques Brel - Les Timides - 1964. 

À l'instar de "Amsterdam", cette chanson n'a jamais été enregistrée en studio. Elle fait partie de mes 5 ou 6 chansons préférées du Grand Jacques. Parce que le texte, magnifique, me parle. Je crois que si l'on a jamais connu la timidité maladive dont il question ici, on ne peut pas bien comprendre combien les mots ont du sens, combien ils résonnent tout au long des 3 minutes  et 39 secondes que dure ce chef-d'oeuvre de l'artiste belge. Oui, cette timidité je l'ai connue dans mon enfance et mon adolescence, et même plus tard dans mes premières années de l'âge adulte. Sans savoir vraiment pourquoi, elle m'a quitté (en grande partie) lorsque je suis devenu père de famille...

Le visage rougi de Jacques Brel, cole ici parfaitement à son texte...

2 février 2026 _______________________________________________

bottom of page